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Corona’daptation (5) : la tristesse

Nous avons beaucoup parlé de peur jusqu’à présent, or il ne s’agirait pas de laisser de côté l’une de nos émotions assez présentes ces jours-ci : la tristesse.
La tristesse que nous ressentons à titre personnel, directement, si une perte est perçue dans la situation actuelle (ne pas pouvoir voir ses proches, ne pas pouvoir partager les moments heureux ou malheureux) mais également la tristesse ressentie « indirectement » via l’empathie (être triste pour les personnes hospitalisées, pour les soignants qui s’épuisent, pour les familles des personnes décédées… la liste peut malheureusement être longue).
Autant la joie nous donne de l’énergie et nous pousse à aller vers les autres et à partager, autant la tristesse nous enlève de l’énergie et nous pousse au repli sur soi. Ce repli a une fonction utile : celle d’amorcer notre phase de deuil par rapport à l’objet de notre perte, nous permettant une réflexion avant de passer à autre chose (si vous ne l’avez pas encore vue, confère la vidéo « tout le monde s’en fout »). Les larmes, reflétant notre tristesse, sont utiles car elles déclencheront l’empathie des autres personnes, qui viendront nous (re)chercher, évitant ainsi de nous isoler…oui mais en situation de confinement qu’en est-il ?
N’oublions pas que nous sommes des « animaux sociaux » et que la situation actuelle déséquilibre nos besoins profonds. Dès le premier jour de confinement, je recevais un sms me demandant des solutions pour « vaincre la morosité due à la distanciation sociale».

Chercher à maintenir le lien même de façon virtuelle est important. Le nombre de groupes WhatsApp crées pour rester en contact avec les amis et la famille, l’invention des ApéroSkype, etc., montrent que nous avons une bonne capacité d’adaptation !
Par ailleurs, gardez un rythme « social » : c’est le principal conseil que donnent les personnes ayant déjà vécu plusieurs semaines de confinement : ne pas se coucher de plus en plus tard, continuer à s’habiller, manger à heures régulières…Il vous faudra sans doute mettre en place de nouvelles routines pour structurer vos journées (une plage goûter, une plage jeux de société… le tout en restant dans la souplesse bien sûr !)

Une autre stratégie très efficace pour lutter contre la « morosité » liée à la situation est de rester ou se (re)mettre dans l’action. Le fait de faire des choses redonne de l’énergie et, cerise sur le gâteau, peut nous apporter des sources de satisfaction.
Faire tout ce que vous rêviez de faire mais que vous n’avez jamais le temps de faire (personnellement j’ai 5 ans de retard sur des albums photos et une tonne de livres que j’ai envie de lire…). Vous pouvez intégrer ces activités dans votre nouvelle routine.

  • Lire ou regarder un film qui déclenche une autre émotion que la tristesse : peur ou joie.
  • Faire du sport : voici quelques idées et recommandations : https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/contre-stress-du-confinement-faites-du-sport-maison-1801388.html . Les professeurs de sport, danse et autres activités étant eux-mêmes en manque de sport et de contacts mettent de plus en plus des cours en ligne ou en direct.
  • Se lancer des défis/challenges personnels (tester de nouvelles recettes de cuisine, reprendre un instrument de musique, démarrer le tricot, faire du pain maison, découvrir une nouvelle chanson chaque jour….)
  • Apprendre une nouvelle chose par jour grâce aux podcasts (ex : mind parachute), suivre des MOOC (France Université Numérique, FUN, ouvre ses archives), reprendre ses livres de philosophie, suivre des visites virtuelles de musées, écouter gratuitement des opéras et concerts, etc. Et pourquoi ne pas partager lors du repas du soir en famille ce que nous avons appris aujourd’hui ? (personnellement j’ai appris aujourd’hui que les rats riaient quand on les chatouillait 😊).
    Si votre tristesse est vraiment très marquée, votre énergie sera très basse. Aussi ne culpabilisez pas de ne pas réussir à faire beaucoup de choses. Appliquez la technique des 5 minutes : choisissez une activité qui vous fait envie et faites là pendant 5 minutes. Vous avez de grandes chances de dépasser les 5 minutes et si ce n’est pas le cas, pas de souci : votre objectif est quand même atteint !

Avoir un sentiment d’utilité est important également pour réduire la tristesse :

  •  Ou vous continuez à travailler et si c’est le cas c’est que vous êtes utile de fait
  • Ou vous êtes confinés et tous les soignants nous le disent c’est la meilleure chose que nous puissions faire pour les soutenir et pour réduire la propagation du virus.

Autre chose, apprendre à relativiser :
– Cette situation difficile a fait également émerger de très belles choses. Une petite promenade sur le groupe Facebook destiné à regrouper des informations et des initiatives positives devrait vous en convaincre…

– Pour relativiser la façon de vivre le confinement, je vous invite à lire des témoignages d’agoraphobes (personnes ne pouvant plus sortir de chez elles suite à des troubles anxieux envahissants et pour qui cela durera plus que quelques semaines)

Enfin, n’oublions qu’il existe des numéros verts pour réduire l’isolement ou parler de situations spécifiques et il existe un groupe d’entraide Facebook créé spécifiquement pour répondre à l’isolement

Tâche : je vous invite à prendre la bonne habitude de noter chaque jour vos 3 « kifs » de la journée : ce qui a fait que vous avez ressenti un moment de satisfaction, de joie (vous obligez ainsi votre cerveau à (re)voir le positif).

Personnellement, je suis heureuse d’être à vos côtés via ce blog !

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