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Préparer le déconfinement (2) : faire le point sur un éventuel épuisement professionnel

Et si cette période de confinement était l’occasion de faire le point sur un éventuel épuisement professionnel ?
Repartons de la définition de l’épuisement professionnel (ou burnout) : il s’agit d’un « sentiment de fatigue intense (à la fois physique et psychologique), de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail ». Le burnout apparait chez des personnes fortement impliquées au démarrage de leur activité professionnelle qui, suite à des déceptions et/ou des frustrations successives, vont peu à peu s’épuiser. 100% des victimes d’épuisement professionnel sont en stress élevé, voire extrême et quand les ressources sont épuisées, le corps ne parvient plus à s’adapter. Au sens littéral, faire un burn-out, c’est « brûler de l’intérieur, se consumer » ; Imaginez une bougie qui se consume et finit par ne plus éclairer….

Comment reconnaître un burnout ? Les symptômes peuvent être nombreux et variés (troubles du sommeil, douleur généralisée, difficulté de concentration, irritabilité). Toutefois, ce syndrome se définit par 3 dimensions typiques :

  •  L’épuisement émotionnel : on a l’impression d’être vidé(e) émotionnellement, on n’a plus d’énergie pour soi et pour les autres ; tout semble difficile, voire insurmontable. La démotivation est présente.
  • La dépersonnalisation : l’épuisement professionnel va peu à peu générer un détachement et un désintérêt pour autrui, se traduisant par l’indifférence pour les autres, voire du cynisme.
  • Un sentiment de diminution de l’efficacité professionnelle : on se sent incompétent, inefficace, inutile, on se dévalorise. Cette phase peut aller jusqu’à l’apathie.

A cette trilogie va s’ajouter une importante fatigue physique (diminution d’énergie, fatigabilité chronique, affaiblissement).

Profitez de cette période pour faire le point :

  • Si cette crise sanitaire correspond pour vous à un surcroit de travail, il est possible pour l’organisme de s’adapter à une surcharge de travail, mais celle-ci doit rester ponctuelle. Sachez que vous ne pourrez pas garder ce rythme pendant un an sans conséquences physiques ou psychologiques. Il est donc impératif que vous preniez du temps pour vous ressourcer et prendre soin de vous, afin d’éviter l’épuisement.
  • Si vous avez été en chômage partiel et que vous êtes angoissé(e) à l’idée de reprendre votre travail, indépendamment de la peur d’être contaminé par le COVID-19 mais bien à l’idée de retrouver des conditions de travail qui ne vous conviennent plus , il est possible que vous soyez en épuisement professionnel. Si vos symptômes de mal-être ont disparu pendant le confinement, ce peut être en faveur d’un épuisement professionnel sans dépression. Si les symptômes ont persisté, il est possible que votre épuisement professionnel soit accompagné d’une dépression (sentiment de tristesse quasi permanent, ralentissement des pensées, réveils matinaux, idées noires voire suicidaires).

Que faire si vous pensez être en épuisement professionnel ?
Il est important que vous en parliez à votre médecin généraliste, à votre médecin du travail, à un psychologue ou à un psychiatre. Ils pourront éventuellement vous faire remplir un questionnaire (MBI) pour confirmer le diagnostic.
Par ailleurs, un arrêt de travail est souvent préconisé afin que vous récupériez ; plus un burnout est diagnostiqué tôt, plus cet arrêt sera court.

Le travail à réaliser avec le professionnel de santé consistera essentiellement à analyser son rapport au travail : ai-je un niveau d’exigence trop élevé ? ai-je la même définition du « travail bien fait » que mon entreprise ou mon manager ? ai-je d’autres sources d’intérêts ou de satisfaction que mon travail ?

Vous pouvez, dans tous les cas, profiter de cette période de « break » pour faire un point :

  • sur ce qui vous a manqué (sans doute des facteurs de protection pour vous en temps normal) : comment renforcer ces facteurs à la reprise ?
  • sur ce qui ne vous a pas manqué (ce sont sans doute vos facteurs de tension). Les facteurs les plus fréquents sont la surcharge de travail, le manque de reconnaissance, un sentiment d’injustice, la qualité empêchée (le sentiment de ne pas pouvoir bien réaliser son travail)? Quels sont vos principaux facteurs et avez-vous une marge de manœuvre pour les réduire? est-il possible de diminuer le nombre d’heures de travail hebdomadaire? est-il possible de faire une demande claire à son manager pour plus de reconnaissance (financière ou non financière)? est-il possible de renégocier des objectifs?
  • sur l’adéquation entre vos compétences et ce qui vous est demandé : vous faudrait-il une formation pour être plus à l’aise ? faudrait-il faire évoluer vos missions?
  • sur ce qui vous a fait du bien lors de cette période de confinement (prendre du temps pour soi, méditer, faire des promenades …) : comment inscrire cela dans votre planning après la reprise du travail ?

Ayez en tête que l’épuisement professionnel est la maladie du battant et/ou du dévoué (… il ne s’agit en aucun cas de personnes « faibles ») . On considère actuellement que tout le monde est susceptible de faire un burnout à partir du moment où on est fortement engagé dans son travail, donc gardez un œil sur votre santé !

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