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Epuisement professionnel (ou burnout)

Même si nous ne disposons pas de statistiques officielles, il semblerait plus de 3 millions de Français souffrent d’épuisement professionnel. L’épuisement professionnel, ou burnout,  est défini « comme  un sentiment de fatigue intense (à la fois physique et psychologique), de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail ».    images (6)

Ce syndrome, initialement identifié parmi les personnels soignant et aidant, peut en fait concerner toutes les professions (voire les étudiants) à partir du moment où la personne est fortement engagée dans son travail. C’est la maladie du battant et/ou du dévoué.  12,6% des actifs seraient à risque élevé d’épuisement professionnel. Les chiffres atteindraient même 40% pour certaines professions (personnel soignant, enseignants) et seraient de l’ordre de 20% chez les agriculteurs, les artisans, les cadres (étude Technologia, janvier 2014).

Comment s’installe un épuisement professionnel

La personne, fortement impliquée au démarrage de son activité professionnelle, va, suite à des déceptions et/ou des frustrations successives, peu à peu s’épuiser. Au sens littéral, faire un burn-out, c’est « brûler de l’intérieur, se consumer » ; Imaginez une bougie qui se consume et finit par ne plus éclairer….

L’épuisement professionnel est, dans la grande majorité des cas, la résultante d’un stress extrême. Le cortisol, notre hormone de « survie » dont la sécrétion est déclenchée suite à un stress, nous sert à nous adapter mais ce processus n’est pas sans fin : la production de cortisol finit par s’amenuiser, ce qui marque l’épuisement physique (diminution d’énergie, fatigabilité chronique, affaiblissement). Les stades suivants seront l’épuisement émotionnel (la personne a l’impression d’être vidée émotionnellement et n’a plus d’énergie pour elle et pour les autres) puis la dépersonnalisation : l’épuisement professionnel va peu à peu générer un détachement et un désintérêt pour autrui pouvant aller jusqu’au cynisme. Enfin, stade ultime, la personne souffrira d’un sentiment de diminution de l’efficacité professionnelle (sentiments d’incompétence, d’incapacité, auto dévalorisation, démoralisation, apathie).

Comment repérer un burnout dans l’entreprise

La difficulté tient au fait qu’il s’agit d’un processus pernicieux, s’installant peu à peu et qui n’est souvent pas identifié par la personne elle-même ou son entourage jusqu’au « craquage ». Toutefois, les manifestations de perte d’intérêt pour le travail, de renfermement, d’irritabilité, de cynisme doivent alerter.

Un entretien individuel avec un psychologue ou un psychiatre complété par un questionnaire validé (MBI) permettront de valider le diagnostic.

Comment agir en cas d’épuisement professionnel

L’épuisement professionnel résulte de la rencontre entre des stresseurs organisationnels (exposition à la souffrance, à la douleur, déséquilibre entre efforts et récompenses, conflits, objectifs inatteignables, ….) et des facteurs individuels (perfectionnisme, idéaux élevés,…). Il faudra donc de combiner mesures collectives et individuelles : il est inutile de demander au salarié de suivre une psychothérapie s’il retrouve des conditions de travail inchangées à son retour en poste.

–          Au niveau collectif : deux axes à explorer 

  • Les relations de travail en proposant la mise en place de groupes d’échanges sur les pratiques professionnelles, un renforcement du travail en équipe, une reconnaissance du travail accompli, des formations de l’encadrement aux bonnes pratiques managériales…
  • L’organisation du travail en développant une adaptation de la charge de travail, une clarification des rôles, un renforcement de l’autonomie des acteurs (ou une rotation du personnel aux postes exposés si ces précédents facteurs ne peuvent être modifiés)

–          Au niveau individuel :

Un suivi médical et/ou psychologique est indispensable. la personne sera amenée à identifier les attentes auquel le travail n’a pas pu répondre mais mènera également une réflexion sur ses priorités dans la vie, son niveau d’exigences et de perfectionnisme,…

Un appel récent initié par le cabinet Technologia demande aux organismes de Sécurité sociale la reconnaissance de trois nouveaux tableaux de maladies professionnelles liées à l’épuisement, correspondant aux trois pathologies identifiées par un groupe de travail du Conseil d’orientation des conditions de travail (COCT) : la dépression d’épuisement professionnel, l’état de stress répété conduisant à une situation traumatique et l’anxiété généralisée ( http://www.appel-burnout.fr). Si la France n’a pas (encore) reconnu ces syndromes comme des pathologies professionnelles (contrairement à d’autres pays européens comme la Suède ou le Danemark), il n’en reste pas moins qu’ils commencent à être pris en compte par la justice. La Cour de Cassation a, pour la première fois en septembre 2012, pris en considération l’état d’un salarié victime d’un burnout et faisant l’objet d’un licenciement pour inaptitude médicale avec impossibilité de reclassement de la part de son employeur, afin d’invalider cette sanction et de condamner l’employeur à payer des dommages-intérêts à son salarié victime d’épuisement professionnel.

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