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Corona’daptation (11) : exprimer ses émotions

Nous avons vu précédemment toute l’importance de pouvoir nommer ce que nous ressentons.
Actuellement, dans cette situation de crise sanitaire, ce peut être :

  • De l’anxiété, de l’inquiétude ou de la peur liées à notre état de santé et à celui de nos proches, la peur de manquer de denrées alimentaires et de produits de soin
  • L’inquiétude et/ou la frustration de ne pas être en mesure de travailler ou de réaliser nos activités du quotidien.
  • La tristesse liée à la solitude associée au sentiment d’être coupé(e)du monde et de nos proches.
  • La colère face à des personnes qui ne respectent pas les règles de confinement
  • Une envie de consommer de l’alcool ou des drogues pour faire face
    … mais nous pouvons également ressentir des émotions positives : avoir du temps pour faire des choses que nous aimons (lecture, jardinage…), apprécier le soleil (merci la météo de nous accompagner lors de cette période difficile), profiter de moments familiaux, constater la solidarité ambiante,…

Pour rappel, après avoir identifié ce que vous ressentez, il est essentiel d’accueillir votre émotion, sans jugement, en vous rappelant qu’une émotion est bienveillante (dans la mesure où elle nous transmet une information importante pour nous, nous invitant à mettre en place des actions pour revenir à un « état de base » correspondant à des besoins satisfaits). Je vous invite à écouter l’épisode de «change ma vie » sur l’accueil des émotions. De la même façon, ne culpabilisez pas si actuellement vous ressentez des émotions positives : c’est ce qui vous permet de « tenir » et ainsi de redistribuer aux autres votre énergie.

Il est donc primordial de s’autoriser à ressentir toute la gamme des émotions. Lors du ressenti d’une émotion, nous avons deux options, l’exprimer ou la garder pour soi. De nombreux facteurs influencent ce choix (de façon consciente ou inconsciente) : notre personnalité (selon que nous soyons plus ou moins extraverti), notre éducation, notre culture, notre religion, notre environnement familial ou professionnel…

En complément, je souhaite aujourd’hui aborder un concept issu de l’analyse transactionnelle : les rackets d’émotions (ou détournement d’émotion). Selon notre éducation, notre culture, nous ne sommes pas toujours autorisé(e) dans notre enfance à exprimer un type d’émotion (de façon implicite ou explicite). Le racket est un processus inconscient, répétitif, par lequel cette émotion « interdite » (pourtant spontanée et authentique) va être remplacée par une autre émotion autorisée. Si dans ma famille, la colère n’est pas autorisée (je perçois dans mon enfance que mes parents se crispent dès que j’exprime ma colère voire j’entends des phrases du type « c’est pas beau une petite fille qui se met en colère »), je vais apprendre à remplacer cette colère par une autre émotion plus «autorisée», la tristesse par exemple. C’est ainsi, qu’adulte je vais ainsi fondre en larmes à chaque fois que je serai en colère ; le souci est que mon interlocuteur va m’apporter une réponse non adaptée, à savoir me prendre dans les bras, or, étant en colère, je ne veux surtout pas qu’on me réconforte. Bilan de l’opération : l’autre n’a pas compris pourquoi je le repoussais et moi je ne suis pas apaisé(e) puisque la réponse adaptée aurait été de pouvoir exprimer ce qui me contrariait.

Quelles que soient les raisons de la non-expression des émotions, il faut être conscient que les risques peuvent être l’implosion (avec une somatisation due à une déconnexion avec une partie de soi) ou l’explosion, la fameuse goutte d’eau qui fait déborder le vase. Ne pas exprimer ses émotions a donc des conséquences négatives pour soi et/ou pour les autres.
Pour accepter le fait d’exprimer et de montrer vos émotions, je vous invite à écouter quelques podcasts de « change ma vie » : si vous vous jugez de « trop » pleurer, ou si vous êtes « dérangés » par votre colère.

À l’inverse, exprimer ses émotions équivaut à augmenter la chance d’obtenir une réponse adaptée à notre émotion et à nos besoins, à savoir :

  • être rassuré(e) en cas de peur
  • être consolé(e) en cas de tristesse
  • obtenir une réparation, un changement, un pardon en cas de colère
  • pouvoir se tenir à distance de l’objet de notre dégoût
  • être réintégré(e) dans le groupe en cas de honte
    …. et pouvoir partager dans le cas de la joie.

Retenons qu’exprimer nos émotions est le meilleur moyen de satisfaire nos besoins et donc ressentir un sentiment de bien-être.

Tâche du jour : je vous invite à réfléchir à l’émotion interdite ou malvenue dans votre famille, qui pourrait correspondre à l’émotion avec laquelle vous êtes le moins à l’aise (quelques pistes d’identification : vous vous en voulez de ressentir cette émotion ; vous ressentez rarement cette émotion) puis identifiez l’émotion par laquelle vous auriez tendance à remplacer cette émotion interdite. L’étape suivante va être de vous réconcilier avec l’émotion interdite : accepter de la ressentir sans jugement et idéalement parvenir à l’exprimer, c’est-à-dire à la verbaliser à d’autres personne.

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