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Ces petites voix qui nous influencent (les messages contraignants)

 

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J’ai envie de vous parler aujourd’hui d’un concept issu de l’analyse transactionnelle : les messages contraignants (également appelés « drivers »). J’utilise très souvent ce concept en gestion du stress ou même lors d’une séance d’accompagnement dans la mesure où il nous éclaire beaucoup sur nos comportements (et sur le peu de liberté que l’on ressent parfois par rapport à nos comportements).

Ces messages, au nombre de cinq, sont hérités de notre éducation et enregistrés dans notre inconscient. L’origine de ces messages peut être explicite (expressions entendues fréquemment par nos parents ou professeurs)  ou implicite. On peut dire à un enfant qui a eu 16/20 : « tu peux mieux faire » (message explicite) ou chercher systématiquement avec lui pourquoi il n’a pas eu 20/20 (message implicite).

Les différentes recommandations entendues dans l’enfance peuvent paraître utiles dans l’éducation car source d’amélioration ; cependant, ces recommandations vont devenir des « tyrans » à l’âge adulte. On n’est plus libre de choisir cette amélioration et on obéît au slogan de façon compulsive.

Nous sommes pratiquement tous soumis à, au moins, un de ces cinq drivers.

Je vous propose de faire le test suivant (test des mini-scénarios) afin d’identifier votre, ou vos, messages contraignants (un score dépassant 20/30 marque un message présent).

Test des mini scenarios

Les différents messages contraignants

Le « sois parfait » est perfectionniste, exigeant, assez tourné vers les détails. Faire une erreur équivaut à risquer des conséquences catastrophiques selon lui. Ce message est hérité de discours du type: “tu peux mieux faire”

Le « fais plaisir » veut être aimé et craint de décevoir ; pour cela, il recherche l’approbation, ne sait pas dire non. Il va, à cause de cela, se laisser envahir par les autres. Ce schéma s’est construit en entendant des phrases du type : “fais plaisir à ta mère”, “tu me fais de la peine”, “sois gentil, je suis fatigué”

Le « Sois fort »  pense qu’il doit se débrouiller seul et évite de montrer ses sentiments car montrer des émotions équivaut à se montrer faible. C’est en entendant des phrases du style : « il faut être courageux », « ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts », « on ne va pas se plaindre, il y a bien plus malheureux » qu’il a développé ce message contraignant.

Le « dépêche-toi » se montre souvent agité et impatient ; il s’ennuie facilement et préfère la rapidité à la qualité. Il s’est développé en entendant des phrases telles que « dépêche-toi » « arrête de traîner », « tu es trop lent ».

Le « fais des efforts » pense que toute réussite passe par des  tâches pénibles. Il se retrouve donc souvent à compliquer les choses. C’est en entendant des discours comme « donne-toi un peu de mal », « à vaincre sans effort on triomphe sans gloire » qu’on développe un « fais des efforts ».

Lors de mes interventions, je rencontre essentiellement des salariés « sois parfait » et « fais plaisir ».

Avantages et inconvénients des messages contraignants 

Pour reprendre une phrase souvent entendue en recrutement «  nous avons les défauts de nos qualités », les messages contraignants vont avoir leurs avantages et leurs inconvénients.

Ainsi, il ne faut pas nier que chacun de ces messages a un intérêt dans le milieu du travail :

  • Faites relire un rapport à un « sois parfait » où déléguez-lui une tâche, vous serez satisfait de son efficacité,
  • Quoi de plus agréable qu’avoir un « fais plaisir » dans son équipe : il vous apportera les croissants,  veillera à maintenir une bonne ambiance au sein de l’équipe,
  • Apportez un dossier épais de 5 cm à un « dépêche-toi » et dites lui que c’est pour demain : ce n’est pas lui qui se plaindra…
  • Un « sois fort » aura l’avantage de ne pas répercuter le stress autour de lui. Il gérera très bien les situations de crise,
  • Un « fais des efforts » ne rechignera pas devant une tâche ou un contexte difficile ; il est persévérant et souvent prêt à aider les autres.
  • Si ces messages sont parfois utiles, ils s’avèrent aussi être des tyrans et chaque message comporte des inconvénients voire des risques :
  • un « sois parfait » risque de ne pas avoir terminé le dossier confié à force de le relire, de le réécrire, de le corriger et de se noyer dans les détails. Par ailleurs, c’est très difficile, voire impossible, pour lui de déléguer.
  • un « fais plaisir » se laissera submerger par les demandes des autres (car rappelons-le il ne sait pas dire « non ») et se retrouve avec de nombreuses tâches qui ne lui incombent pas. Il se sent souvent victime de son dévouement.
  • un « sois fort » ne se rendra pas compte qu’il est en souffrance, et peut aller au-delà de ses limites (physiques et/ou psychologiques). Ce sont des salariés qui peuvent aller jusqu’à l’épuisement professionnel.
  • le « dépêche-toi », à force de faire les choses trop vite, va inévitablement faire des erreurs. Par ailleurs, il risque de s’engager dans plus de choses qu’il ne peut en réaliser. Ce sont des personnes qui se stressent mais peuvent aussi stresser les autres….
  • le « fais des efforts » a tendance à compliquer les tâches et pourrait se surmener à vouloir toujours « en faire plus ».

Se libérer de ses messages contraignants 

La première étape du changement est d’identifier et de prendre conscience de son (ou ses) message(s) contraignant(s), puis le principe sera de garder ce qui nous convient et de modifier ce qui ne nous convient pas. Nous pouvons donc nous poser deux types de questions : « Qu’est ce que j’ai envie de conserver dans ce fonctionnement ? En quoi ce fonctionnement est-il positif et efficace pour moi ? » et « Qu’est ce qui me stresse dans mon fonctionnement ? En quoi peut-il me desservir ? »

Ainsi, par exemple, on ne demande pas à un « fais plaisir » de devenir égoïste mais de s’accorder autant d’importance qu’aux autres. On ne conseille pas à un « sois parfait » de bâcler son travail mais d’apprendre à ne pas viser systématiquement la perfection.

Pour contrer un message contraignant, il faut se donner des permissions et intégrer comme « antidote » certains messages.

  • « sois parfait » : « tu as le droit d’être toi-même, tu as le droit de faire des erreurs». Il faut apprendre à être plus réaliste sur le degré de qualité que l’on s’impose et se demander si la perfection est atteignable.
  • « fais plaisir » : « tu as le droit de te prendre en considération et de te respecter, de vivre selon tes valeurs et non pas celles des autres ». Il faut apprendre à distinguer les demandes normales des demandes abusives et apprendre à dire « non » (selon les techniques d’affirmation de soi).
  • « fais des efforts » : « tu as le droit de réussir facilement ». Il faut accepter le fait que les choses faites simplement et facilement n’ont pas moins de valeur que les choses obtenues avec beaucoup d’efforts.
  • « sois fort » : « tu as le droit d’écouter tes propres besoins ; tu as le droit d’avoir des émotions, des sensations » ; Tout être humain est vulnérable et peut avoir besoin de l’aide d’autrui. Prévenir que l’on ne pourra pas y arriver sans moyen supplémentaire est un signe de compétence car on est en capacité de faire l’analyse de la situation et qu’on ne met pas en danger le résultat.
  • « dépêche-toi » : « tu as le droit de prendre ton temps ». Il faut comprendre que toute personne a besoin de temps pour se reposer, se ressourcer afin de conserver son efficacité et sa rapidité. Les sportifs de haut niveau connaissent l’importance du temps de récupération.

Pour ceux qui souhaiteraient aller plus loin, je vous invite à vous rendre sur un site très bien fait (et qui est une mine d’or pour les concepts d’analyse transactionnelle)  :

http://www.ithaquecoaching.com/articles/ebook-gratuit-les-messages-contraignants-1768.html

 Et si le moment idéal pour se libérer de nos messages contraignants était précisément les vacances : un moment où l’on peut prendre son temps, où l’on peut penser à soi, prendre soin de soi, se centrer sur ce que l’on ressent (au niveau émotions et sensations), accepter d’être moins performant, bref : tout simplement « lâcher prise ». Bonnes vacances à vous !

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